Développement durable: Bien être au travail

Le stress au travail a été un sujet majeur en 2010. Si le phénomène a surtout touché les grands groupes, notamment France Telecom et Renault, il n’épargne pas pour autant les PME. Le Centre des jeunes dirigeants (CJD) s’est penché sur la question et vient de publier un premier rapport d’étape réalisé par sa commission « Stress au travail ».

Cependant, le réseau patronal a préféré traité le sujet de façon plus positive, en s’intéressant plutôt au bien-être des salariés et des dirigeants. Pour Gontran Lejeune, président du CJD entre 2008 et 2010, il faut «créer les conditions d’un mieux-être qui permettra de réduire les décalages entre discours et réalité, d’améliorer les relations sociales, que le travail retrouve un sens et que chacun ait vraiment le sentiment que sa contribution au projet collectif est reconnue».

Au-delà de l’aspect social, le CJD s’intéresse au bien-être au travail pour des raisons économiques, pour des contraintes légales, ainsi que pour «la recherche de nouvelles voies pour entreprendre».

De fait, le stress des salariés a un coût pour l’entreprise, en termes d’absentéisme, de turn-over, d’efficacité et d’image, ainsi que pour la société dans son ensemble. «Le Bureau international du travail (BIT) estime qu’en France, le stress professionnel coûte, en moyenne, 3% du PIB, soit environ 60 milliards d’euros», souligne le CJD.

Parallèlement, les textes de loi et les jurisprudences sur le harcèlement moral se sont durcis en 2010. Or, pour l’organisation patronale, «ce mouvement législatif ne va pas se ralentir, car il correspond autant aux attentes de nos concitoyens qu’aux réflexes de nos politiques: chaque problème de société qui se pose doit trouver sa solution dans une loi». Les entreprises ont donc tout intérêt à prendre en compte le bien-être de leurs collaborateurs afin de devancer les évolutions législatives plutôt que «s’adapter aux nouvelles normes dans l’urgence».

C’est pour cette raison que le CJD estime que les dirigeants doivent d’ores et déjà trouver de nouvelles voies pour entreprendre. Cela passe, par exemple, par de nouvelles méthodes de management. D’après l’association, la communication descendante, la transmission hiérarchique des décisions, la sacralisation des procédures, le culte du secret, les contrôles tatillons, et les menaces de sanction sont une «vieille panoplie managériale qui est de plus en plus contre-productive».

Ainsi, les entreprises doivent tendre vers un management s’adossant sur la confiance entre les personnes. En laissant sa part à l’affectif et à l’émotionnel, le manager deviendrait plus «un animateur qu’un organisateur ou un donneur d’ordres». Idéalement, il faut donner envie et ne plus obliger.

Enfin, le CJD souligne que la capacité à améliorer le bien-être des salariés joue sur la réputation d’une PME. Celle-ci est importante à la fois pour recruter de nouveaux talents —surtout sur les secteurs d’activité très concurrentiels— mais aussi pour vendre ses produits, car les consommateurs sont de plus en plus sensibles à leur origine et à la manière dont ils ont été fabriqués. «Aujourd’hui, c’est leur vigilance qui a poussé les grandes marques à éradiquer le travail des enfants chez leurs sous-traitants ou à tenir compte des impacts environnementaux de leurs activités», rappelle l’organisation patronale.

Dans un futur proche, ils seront certainement attentifs aux conditions de travail des collaborateurs dans leur ensemble, car «les consommateurs sont, dans leur grande majorité, des salariés».

Source: chef d’entreprise.com