Cap sur le développement durable hôtelier

Le développement durable sensibilise de plus en plus les clients d’hôtels qui s’intéressent en leur impact sur le développement local et durable. Les hôtels l’ont bien compris et intègrent les opportunités d’actions durables pour attirer la clientèle.

Des initiatives ponctuelles se multiplient au sein des hôtels et des programmes plus globaux se mettent également en place pour adopter une vraie stratégie de développement et de gestion durable. Parmi ces initiatives, HotelMag a recueilli quelques bonnes pratiques:

  • Le Bristol, à Paris, traite les déchets de cuisines à l’aide d’un déshydrateur thermique afin d’obtenir d’une part de l’eau servant au nettoyage des sols et d’autre part de la matière sèche servant d’engrais.
  • Au Nouveau Mexique, l’hôtel Andaluz, grâce à la mise en place d’un programme de gestion de l’eau, consomme plus que 93 gallons d’eau par jour contre une moyenne de 200 par chambre selon des études environnementales locales.
  • Le Meurice, encore à Paris, a mis en place un programme « bilan carbone » et avec son premier bilan a découvert que 40% de sa consommation énergétique était liée à ses achats de produits rares et importés en cuisine. Ainsi, l’enjeu est de garder les mêmes standards tout en réduisant leur impact environnemental.
  • Toujours à Paris, le Solar Hotel effectue annuellement un bilan carbone en même temps que son bilan financier. Parmi les actions déjà menées, on compte l’installation de panneaux solaires sur la façade, de récupérateur d’eau de pluie pour arroser les jardins et alimenter une partie des toilettes, le prêt de vélos, des déjeuners 100% biologiques, une signalétique sensibilisant les clients en chambre, l’utilisation de réducteurs de débit d’eau, la collecte sélective des déchets dans les couloirs…
  • Le Boutique Hôtel Stadthalle à Vienne, s’alimente uniquement en énergies renouvelables et offre un rabais « vert » de 10% aux clients arrivant en vélo ou en train ainsi qu’aux clients fidèles.

Plusieurs hôtels et destinations touristiques annoncent une longueur d’avance dans ce domaine. Néanmoins, on constate que la responsabilité environnementale n’est pas systématique dans l’ensemble du secteur notamment en raison des implications financières qui souvent sont perçues comme un surcoût, un investissement à très long terme….

Une bonne stratégie opérationnelle durable passant par un vrai changement comportemental, avec des dirigeants fédérateurs, apportant des innovations opérationnelles, structurelles mais aussi marketing et commerciales savent pourtant s’y retrouver économiquement.

Si certains investissements sont conséquents et amortis sur plusieurs décennies, en contre partie, d’autres actions peuvent être peu coûteuse, voir nulles et générer des économies. Par ailleurs, un hôtel affichant une eco-responsabilité réelle trouve une nouvelle clientèle sensible et souvent prête à payer plus cher. C’est un excellent levier pour le prix moyen.

Aux Etats-Unis, certains distributeurs tels que Orbitz et Travelocity mettent en avant sur leurs portails les hôtels adhérents à Energy Star et/ou proposons des services ecofriendly, tels que l’utilisation d’énergies renouvelables, des produits d’entretien écologiques, des aliments biologiques…

De nouvelles normes apparaissent. En novembre 2010, la norme planétaire ISO 26000 résultant d’un effort collectif (99 pays) se positionne sur un sujet très complexe: le social (contrairement aux normes 9000 et 14000 qui, elles sont plus opérationnelles). Son objectif: fournir aux organisations les lignes directrices de la responsabilité sociétale tout en maintenant un équilibre avec la performance économique, le social et l’environnement.

Coté aides et subventions, les conseils régionaux, l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), l’ANCV font parties des organismes incitatifs même si les subventions restent très modestes venant d’institutions qui n’ont de cesse d’appeler au développement durable. Il existe également des fonds d’investissement privés socialement responsables (ISR) qui apparaissent. Pour certains, l’ISR serait « la déclinaison financière et spéculative du développement durable ». Elle se définit toutefois comme la composante financière du concept de développement durable par lequel l’investisseur, au lieu de s’intéresser limitativement aux critères financiers – rentabilité et risques – utilise également dans sa décision d’investissement des critères extra financiers en l’occurrence d’éthique, de gouvernance, sociaux et environnementaux.

Si les opportunités de développement durables sont réelles, une certaine rentabilité ne peut passer que par des programmes globaux allant dans ce sens. PMT Hotels, par exemple, est une société ayant développée un outil permettant de mesurer l’implication d’un hôtel dans l’achat durable. Sous forme de questionnaire de 100 questions, PMT Hotels considère un hôtel adoptant l’achat durable dès lors qu’il atteint au moins 70% de réponses positives. A cela, tout un programme de conseil, d’accompagnement, de mise en place d’outils de mesure et d’analyse et de formation, permet d’atteindre ces objectifs. Pour plus d’information: http://www.pmthotels.com/management/developpement-durable-hotelier